Mon cher journal

archives 2019 – 2022

En 2016, nous avions l’opportunité d’acheter une petite maison dans un bois se terminant par les falaises maritimes du département de la Somme. Je pense avoir donné ici même sur ce blog et le précédent toutes les étapes de mes premières découvertes naïves et émerveillées. Fille des cités du 9/3 et des musées parisiens, je faisais mes premiers pas dans un monde dont j’ignorais tout, mais que la méditation que je pratiquais allait certainement optimiser. Comme tout esprit débutant (bienheureusement enfantin) il me fallait un guide, et ce fut un rouge gorge qui se proposa. Je pense qu’ici une part de magie est entrée en jeu. Comment un petit oiseau pourrait-il à ce point décrasser un esprit inculte en matière de nature. C’est qu’il fallait creuser profond, me prendre par surprise pour que l’enthousiasme soit toujours de la partie. Heureusement je croyais aux contes de fées, et mon imaginaire n’avait pas peur de déborder hors des sentiers battus par la raison. Je retrouvais mon goût pour l’aventure, donnant souvent réponse erronée mais surtout ne cessant jamais d’apprendre. Ce qui allait suivre au fil des six années suivantes est la chose la plus incroyable et la plus magnifique qui pouvait m’arriver.

Aujourd’hui, j’habite le bois, je me suis bien adaptée, entre sauvagerie et sociabilité. J’ai appris la vie et la mort, appris l’équilibre des choses naturelles. Je suis devenue une passionnée, dit-on de moi, ornithophile à défaut d’être ornithologue, mais cela me laisse le droit à l’émerveillement et à la légèreté. Il se passe des choses que je ne peux pas toujours expliquer, comment comprendre un oiseau ? Et est-ce si important ? Je sens l’essentiel. Ils restent mes petits aliens. Et comme le beau livre de Vinciane Despret, je me sens parfois Habiter en oiseau le territoire où la vie m’a fait une petite place. Les oiseaux du jardin, trente-deux espèces entrevues et retenues au fil des saisons, les habitués et les migrateurs faisant une pause sur le retour. Et si je ne connais pas toujours leurs chants, je sais à peu près comment ils vivent, du moins pour ce qu’ils montrent, comment ils réagissent, leurs cris d’alarme, comment ils font la vie. Les oiseaux, mais aussi les campagnols, mulots, musaraignes, les écureuils, les hyménoptères et autres insectes, les araignées, les limaces, etc. Ici, je suis devenue riche d’émotions, de savoir, de silence et d’amour pour eux.

2019, 2020, 2021, 2022, j’ai fait un journal qui maintenant représente le résumé d’une somme d’observations qui se complètent toujours et ne se ferme jamais. Mon jardin n’est pas grand, mais il est plein de vie. Lorsque je sors ces classeurs pour montrer aux visiteurs la diversité de mon quotidien, c’est souvent avec un extraordinaire emballement qu’ils les feuillettent. Je ne cesse de m’étonner de voir les sourires de joie que cela déclenche. (ci après les pages du journal de chaque année pour un rapide aperçu) Ce qui me réjouit c’est le travail qu’il reste à faire pour améliorer la visibilité. De Teddy l’audacieux, au rouge gorge anonyme et sauvage d’aujourd’hui, s’est énoncée une fabuleuse aventure de respect et de liberté.

8 commentaires sur “Mon cher journal

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    1. Et j’ai pris un grand plaisir à remettre des mots dessus. Mais tu sais la place que tu as tenue dans cette histoire, ton accompagnement discret mais sans faille, ta patience, ta présence vivante souvent dans un coin de ma tête lors de mes découvertes. Oui, une jolie place.

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