Ancrée la tête en l’air

Temps gris, mais dès que j’arrive au bois je mets mes bottes et je prends le sentier qui passe près de la maison, je le suis un peu puis je bifurque sur un autre peu voyant celui-ci, il faut enjamber les ronces, ne pas se laisser accrocher. Il va sa courbe qui se perd sous l’épaisseur des feuilles tombées, et d’arbre en arbre, je suis instinctivement le chemin que je connais par coeur, ça grimpe un peu jusqu’aux houx qui forment comme une porte qu’il faut écarter d’une caresse pour se retrouver sur un autre sentier étroit longeant le grand trou d’obus. « Ne pas glisser sur les faînes ou les châtaignes qui jonchent le sol. » Ces mots clignotent dans ma tête, rien ne vaut le vécu. Sur la gauche se trouve une petite clairière, celle où j’ai vu Teddy dans le bois la première fois. Là qu’il chantait. Là qu’il vient me chercher quand je suis trop lente à offrir quelques graines. Là où j’ai mes amis secrets, comme Valentin. Depuis deux week-end, c’est ici que je me pose pour quelques heures chaque jour et que j’attends que le bois m’enveloppe, il m’arrive de faire quelques mouvements amples et d’aspirer l’énergie de la forêt généreuse. Il m’arrive de vouloir dessiner malgré les doigts frileux qui tiennent mal le crayon. Il me vient dans l’idée de chuchoter dans le dictaphone de mon smartphone des mots que je n’écouterai pas. De prendre des clichés proches et des clichés lointains. De penser m’envoler avec ce bout de bois et de partir très loin. C’est là aussi que j’essaie d’apprendre les arbres. De retenir leurs formes et leur disposition, de m’en faire un herbier mémoriel. J’étudie concentrée et je ferme les yeux pour reconstituer afin de m’imprégner. Pouvoir à tout moment voir la beauté de ce qui est entré sous mes paupières. Il faisait un peu plus froid ce week-end, le vent arrachait les feuilles qui tombaient en pluie d’or autour de moi.

Et enfin, c’est un peu pour eux que je suis là aussi. Le nid est solidement fixé, il a fait fi des tempêtes de l’hiver dernier, et l’automne le laisse réapparaitre. Ils sont là, les agiles coureurs-sauteurs des cimes. Ils vadrouillent. Je ne peux m’empêcher de sourire en les observant. Voici ma récolte du week-end.

Cet arbre sur mon chemin ne me parait pas si énorme et c’est pourtant un Immense terrain de jeu pour les petits.

Est-ce que je vous ai déjà montré une photo du bois vu du ciel (photo aérienne internet éphémère) ? (mon petit monde se trouve quelque part là-dedans).

26 commentaires sur “Ancrée la tête en l’air

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  1. oh quelle moisson! et quelles rencontres! wahhhhhhh! bien sûr « j’adore »!!! 😉
    et ce bois de cise qui se jette dans la mer……..rhoooo que c’est beau et extra-ordinaire!!!
    un petit doute concernant la fauvette….peux-tu regarder la mésange nonnette pour comparer? il y en avait beaucoup par ici par le passé mais pratiquement plus à présent et ta photo me rappelle ces adorables petites mésanges 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Tu as peut-être raison. C’est bien compliqué. Parce qu’elle n’a pas le cou noire sous le bec, l’année dernière je les appelais mésange à tête noire. Puis j’ai vu cet été qu’il y avait des fauvettes (femelle avec la tête marron), alors je me suis dit que je m’étais trompé. J’avoue que je ne sais plus trop. La mésange nonnette me parait plus petite sur les photos. Mais c’en est peut-être une. Le week-end prochain, je regarderai mieux. En attendant, je vais supprimer ce que je dis sur la fauvette.

      Aimé par 2 personnes

      1. comme toi, j’ai des doutes et c’est souvent le cas (par exemple, dans mon dernier billet, j’ai fait des recherches sur les moineaux -que pourtant je connais bien- car les jeunes sont vraiment différents des adultes et je voulais être sûre de l’âge et du sexe 😉 )
        comme tu l’as retiré de ton billet je ne peux plus comparer mais tu as pu voir une femelle fauvette cet été et là ça n’est pas forcément le mâle car il me semble que la calotte noire s’allongeait à l’arrière de la tête sur ta photo et c’est pour cela que j’avais un doute….
        pour te faire une idée, la nonnette est de la taille des mésanges bleues
        et il n’y a pas que nous que ça titille car j’ai trouvé ce site qui en parle:
        https://www.faune-nievre.org/index.php?m_id=20042
        en tout cas, moi je trouve ça passionnant de faire ces recherches et suis ravie que tes photos m’en donne l’occasion 🙂

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        1. Je crois qu’il n’y a plus de doute. C’est une mésange, parce que la fauvette n’a pas la barbichette noire, alors que la mienne est bien noire sous le cou. J’ai cherché dans les photos que j’ai faites ce week-end, et voilà, la belle tourne la tête et nous résout l’énigme.
          Et moi aussi ça me passionne Maly et je te remercie. En plus j’adore parler de tout ça avec toi, que ce soit ici ou sur ton blog.

          Aimé par 1 personne

  2. Tu as demandé à un oiseau de faire cette photo aérienne pour toi ?
    C’est sympa, ton petit paradis : à la fois près de la forêt et de la mer. Par contre, point de poissons ni dauphins sur tes photos. 😉🐟🐬🐙🐋
    Bises et belle journée !

    Aimé par 1 personne

            1. Masque et tuba, je faisais ça en Méditerranée. Ici, la mer n’est pas assez claire, remuée tout le temps par les marées ou bien il faut aller loin au large, peut-être. Mais il faudrait déjà que j’arrive à sortir du bois et ça me devient de plus en plus difficile. C’est un peu ma drogue, mon grand bleu, je nage avec les oiseaux et autres créatures.

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