Du côté des petites heures

Cet été j’ai amassé beaucoup d’images qu’il me faut encore trier, traiter, assimiler, afin de concrétiser quelques projets qui me tiennent à coeur. Je suis le rythme des saisons, ce que m’offre et me révèle le bois. Ce que j’en comprends en y mettant toujours un maximum d’humilité. Pardi, les bourrasques du doute ne sont-elles pas nos amies ? Je crois n’avoir jamais été si présente à l’éveil de la vie que cette année. Les oiseaux furent mes guides et les hypothèses qu’ils ont semées en moi n’ont pas fini de me donner matière à pensées. Le bois va redevenir nu et je vais l’aimer dans sa petite mort. Il va se découvrir et certainement ne manquera-t-il pas d’ouvrir des portes sur mon univers fantasmagorique. Ou pas. Et si déjà le feuillage s’étiole, si les hautes herbes s’effacent inéluctablement, si le sentier se fait plus clair, si les chasseurs tirent des bordées de mort tant et tant que je n’ose plus mettre le nez là où je voyais courir les chevreuils, les lapins et les lièvres, et si les guêpes, les frelons, les bourdons, les libellules tous ces compagnons qui me donnèrent des bouffées d’enthousiasme à me rendre ivre d’amour pour la vie commencent à se fondre dans le sommeil de l’automne, il reste à voir ceux qui sont encore présence mouvante et émouvante, preuve que tout n’est pas encore que langueur monotone. Et si Merle ne chante plus, Teddy, petit phœnix au poitrail de feu, se charge de glorifier puissamment un présent dont on il ne faut jamais trop s’écarter sous peine de se fourvoyer dans les méandres du temps.

Ainsi, Mu la musaraigne, si discrète d’ordinaire, a fait une apparition surprise et fugace sur l’aire de graines délaissé par les oiseaux.

Ce qu’il reste de guêpes ne partage plus notre repas, aucune ne vient plus se poser sur mon doigt pour lisser ses antennes, caresser ma peau de la fraiche sensation d’un zéphyr éphémère. Mais celles-ci ont fort à faire pour tenter de sauver ce qui peut l’être de leur nid ravagé par quelque animal fouisseur. (j’ai réduit le son au minimum, la tempête a soufflé sur le bois ce week-end)

Et, pour terminer ce billet un peu sans queue ni tête, levons nos espérances à cette bonne nouvelle. Une légion insecticide a débarqué dans notre sweet home. Madame Pholque a donné naissance à une nombreuse et adorable progéniture dans l’angle du plafond du séjour. Les petits pholques et maman se portaient bien lorsque je les ai quittés lundi matin. En deux jours ils n’ont pas bougé d’un iota. Maman s’en occupera et les protégera quelques temps avant de les laisser vivre leur vie.

9 commentaires sur “Du côté des petites heures

  1. très très rapide la mignonne petite Mu 🙂
    par chez moi, elle l’est tellement que les photos sont rares 😉 alors merciiii et bravo pour ce joli moment avec elle
    les saisons n’offrent pas le même potentiel de découvertes alors celles des saisons froides sont d’autant plus *précieuses* et enrichissantes

  2. J’en suis certain, dit l’inspecteur Accroche-Coeur. Du côté des petites heures, et d’un dénommé Teddy, s’il se berçait si librement des guêpes, des musaraignes et des araignées, j’en suis certain, répéta-t-il, c’est qu’il y avait une fée.

    1. Ah cet inspecteur Accroche-Coeur. On pourrait le citer en exergue de quelques recueils contant les heures bonnes du bois, petites ou grandes, infimes ou immortelles.

Les commentaires sont fermés.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑