Les petits de Nanny

L’hiver dernier elles étaient deux pinsonnes des arbres et un mâle à venir grappiller quelques reliefs des boules de graisse que mésanges et sittelles faisaient tomber à terre. Oiseaux discrets ne cherchant jamais la bagarre, tranquilles mais pas peureux. Au printemps j’ai rarement aperçu le mâle et plus vu une des femelles. Celle qui restait prenait tellement soin de ses bébés qu’elle me fit penser à la chienne nurse de Wendy dans Peter Pan, Nana. C’était Nanny.  Les quelques graines de tournesols décortiqués que je posais sur la margelle furent des compléments de nourriture fort appréciés pour ses bébés. Nanny a vite appris à me les réclamer en poussant deux petits cris perçants. Je l’ai vue alors en faire tenir quatre ou cinq dans son bec et partir vers les arbres du bois. J’ai vu aussi la gentille Nanny faire un balayage parfait pour chasser la vive et puissante sittelle, une vraie championne de karaté. Je l’ai vue cracher comme un chat à l’encontre de l’accenteur mouchet.

Nanny karateka

Puis un jour elle n’est pas partie du même côté le bec chargé de graines. En la suivant des yeux, je la vis en plein vol être rejointe par trois autres oiseaux qui la suivirent vers d’autres arbres. Les petits de Nanny volaient. J’ai souvent suivi son manège et, par bonheur, elle les a surtout nourris dans les feuillages près de la maison. J’ai eu le plaisir d’observer depuis une fenêtre de l’étage les jeunes pinsons sur le toit tout proche de la cabane de jardin, ils sautillaient, se causaient, voletaient, goûtaient ce qui trainait, découvraient le monde. Leur liberté toute neuve était fort amusante et joyeuse.

De jour en jour ils prenaient plus d’audace, et l’envie de suivre leur mère sur la margelle les tenta, mais celle-ci semblait le leur interdire. Toujours ces petits cris impératifs. Jusqu’à ce que l’une d’entre eux plus curieuse que les autres se risque à accompagner sa mère jusqu’à la manne. Ce qui n’a pas eu l’air de plaire à Nanny qui a décollé aussitôt suivie de sa petite. Mais ce qu’on sait faire une fois, on le refait. La petite est revenue sans sa mère. Comment je fais la différence ? Nanny s’étant habituée à nous, notre présence ne la gêne pas. Par contre le jeune oiseau ne vient que lorsque nous ne sommes pas sur la terrasse et s’envole dès que nous apparaissons.

Je termine par ce dessin qui représente les trois petits de Nanny que j’eus le plaisir d’observer sur le toit de la cabane.

12 commentaires sur “Les petits de Nanny

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  1. l’évanescence
    et l’éternel
    tout le léger du lourd
    et ces coins oubliés
    entre les étoiles lointaines
    et les points scintillants de l´âme…
    je fais jouer l’aventure
    la java de tes lignes
    au bord d’une eau qui tremble…

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