Un jeu de mots pour l’été

J’ai écrit le texte ci-dessous en utilisant neuf mots imposés sur le blog des Oulimots.

Ce que je vous propose aujourd’hui, c’est de tirer sept (7) mots de ce texte (sans toutefois utiliser les mots de la contrainte originale que vous trouverez sous le texte), et d’écrire à votre tour un texte court selon le vent de votre inspiration. Vous pouvez utiliser les commentaires pour participer.

Il n’y a aucune limite de temps.

*

Encore une fois tu te rends compte que la seule chose qui te relie aux hommes ce sont les mots. Que tu n’as qu’un seul recours, écrire, encore et encore, tel Sisyphe, tu rouleras l’encre de ligne en ligne jusqu’au point final qui te fera basculer vers le néant. Alors te relever, pour écrire. Usurper une identité vaguement humaine ne te mènerait que dans le brut du mensonge, ce qui n’a rien d’élégant, conviens-en. Aucun héros ne viendra à ton secours petite âme de papier mâché. Ils n’existent pas plus que toi. Et si quelque part au milieu d’une forêt incertaine, tu as la sensation d’avoir été sans rien extraire de ta solitude, et que tu te demandes si cette fois tu t’en sortiras, cesse veux-tu cette attente infondée dont les multiples issues ne sont que des impasses. Tu ne peux t’échapper de ton livre. N’être pas un oiseau ni un ange et pourtant déployer tes ailes pour passer de l’autre côté de l’horizon, c’est ton unique moyen de tourner les pages. Chair de mots, Héloïse, n’oublie pas ce que tu es, toi qui est née de la sève d’un arbre, d’une plume et d’une chute dantesque. Et si tu te nommes ici pour donner le change, tu n’ignores pas que nul ne fera jamais lecture de ta vraie nature. Oublie la patience petite sirène des lieux insanes, ton chant jamais ne touchera aucun cœur de marin. Souviens-toi seulement que le temps n’est jamais gris pour qui ne regarde pas en arrière.

*

(texte écrit avec la contrainte d’utiliser les mots « Demande Attente Patience Héros Brut Lecture Usurper Élégant Unique »)

13 commentaires sur “Un jeu de mots pour l’été

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    1. C’est tout à fait normal, pour le comprendre mieux, il faudrait mettre ce texte dans son contexte constitué de quelques centaines d’autres qui le précèdent et le suivront. Ici est un univers vivant et ce texte en est une cellule. Merci de l’avoir lu.

      Aimé par 1 personne

        1. Sourire ! Loin de moi l’idée de vouloir imposer cela.
          Faut-il toujours tout comprendre ? Je pense que soit l’imagination s’empare du texte et en fait ce qu’elle veut, soit elle reste froide, dans ce cas, c’est on passe à autre chose. S’il fallait que je comprenne tout ce que je lis, je n’aurais pas voyagé bien loin.

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  1. La ligne d’horizon s’est encore échappée ce matin, il a fallu lancer la foule à sa poursuite, tout le village s’y est mis comme un seul homme, les gamins à vélos et en trottinettes, les demoiselles avec leurs filets à papillons, les octogénaires du club de bridge en poussant des hourrahs, la brigade des gendarmes sifflant dans leurs sifflets, les sapeurs-pompiers volontaires dans le beau et grand camion rouge, madame l’adjointe au maire appelant au-secours avec son bichon qui tirait trop sur sa laisse, et puis aussi l’esthéticienne et la coiffeuse, le facteur scandalisé encore en robe de chambre, le chauffeur de car scolaire dans son car scolaire, l’institutrice sur son solex avec son nouvel amoureux sur le porte bagage, la boulangère-pâtissière qui a gagné au loto et ne veut plus travailler. Sans oublier le préposé à la ligne d’horizon – vaguement réveillé il s’est confondu en excuses plates, il a trituré son képi et bougonné dans sa moustache qu’il n’avait pas vu venir l’aube.
    Tous les matins au point du jour, il a pour mission exclusive de passer un trait d’encre entre ciel et terre.
    C’est à cet endroit qu’on donne le départ : là commence la course du soleil au-dessus du village.
    Mais le préposé a encore dormi un peu trop longtemps, aujourd’hui.
    Il va devoir courir, maintenant, courir derrière tous les autres, la moustache au vent et le képi de travers.

    Aimé par 1 personne

  2. Et dans ta solitude, sur un rebord de pierre, outre les mots d’un jour, il y aura cet oiseau. Rompu aux jeux de chute et aux états du ciel, il coulera son âme dans le rose de ta chair pour que sur chaque vent, même ceux du néant, tu prennes ton envol.

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