Enfers et fantômes d’Asie

Une exposition au musée du Quai Branly, c’est souvent signe d’une exposition bien faite. Celle-ci intitulée Enfers et fantômes d’Asie ne déroge pas à cette habitude, bénéficiant encore une fois d’une belle et envoûtante scénographie. Le mouvement, le cinéma sont à l’honneur.  Le commissaire d’exposition, Julien Rousseau, a fait appel  à un atelier de plasticiens spécialisé dans les maquillages, les mannequins et les décors de films d’horreur. Alors ne soyez pas étonnés si plusieurs panonceaux « âmes sensibles s’abstenir » jalonnent l’exposition.

 

Dès l’entrée, on vous propose une descente aux Enfers, masques, manuscrits, objets sous vitrine vous conduisent à une salle qui vous plongent au coeur d’un monde infernal. Les représentations de tortures et de créatures illustrent des traités de cosmologie qui ont pour rôle de diffuser l’enseignement du Bouddha afin d’être guidé vers la libération et la rupture du cycle des renaissances. Ces supplices suscitent donc une peur salutaire.

Le fantôme est une créature qui erre entre deux mondes, il revient hanter et demander réparation suite à une mort anormale ou violente. La représentation des revenants s’est surtout développée dans l’art populaire et profane.

ne ratez pas l’apparition troublante et silencieuse de ce fantôme

L’apparition des fantômes date du XVIIème siècle, autour de la capitale Edo (Tokyo). Les histoires fantastiques de la littérature sont adaptées au théâtre et illustrées dans les estampes (rouleau en soie ou en papier). Le personnage du yûrei de l’époque d’Edo  est dépeigné et vêtu d’un linceul, il parait désarticulé et grimaçant, le fantôme est de taille quasi humaine. On le retrouve dans toute l’histoire du cinéma jusqu’à la vague de la « J-Horror » qui débuta dans les années 90.

Une projection sur un panneau nous montre l’ombre de la transformation très explicite d’une femme-chat,  les mains s’agitent comme des pattes félines puis la chevelure se libère et des oreilles pointues apparaissent. La femme chat est ce que le folklore japonais possède de plus proche des vampires et des loups-garous.

Un aperçu (trop) rapide des Yôkai. J’ai une petite prédilection pour ces créatures surnaturelles effrayantes mais aussi très drôles. La religion shinto les considère comme des esprits de la nature déchus ou de rang inférieur. L’image ci-contre est tirée du Cortège des cent démons, un manga que mon fils m’avait mis sous les yeux, cette page en particulier ne m’avait pas laissée insensible, y reconnaissant un compagnon familier.

Venons-en maintenant à Oiwa, la justicière d’outre-tombe. Dans la légende, Oiwa est défigurée et suicidée par son époux samouraï qui souhaite se remarier avec la fille d’un seigneur. Blessée à l’oeil, le fantôme d’Oiwa n’aura de cesse de pousser son époux meurtrier à la folie. On appréciera avec plaisir et frisson un très joli hologramme qui laisse apparaître Oiwa, dont je vous donne une petite idée dans le gif ci-dessous. Des artistes comme Hokusai ou Kuniyoshi s’inspirent de cette légende avant que le cinéma en tourne de nombreuses versions.

Maintenant, nous pénétrons dans la sphère de la J-Horror ! dont Ring est peut-être le film le plus célèbre. Pour peu qu’on ait été effrayé comme moi par ce film, on entrera non sans une légère excitation dans cette partie de l’exposition. Au bout du couloir, Sadako semble nous attendre. Mais il y a aussi cette salle dans laquelle vous vous retrouvez cernés de jeunes femmes vêtues d’une robe blanche, les cheveux noirs tombant, marchant comme des zombies vers le centre de la pièce où vous vous trouvez. Avouez que c’est une délicieuse impression.

Nous quittons l’univers de la J-Horror pour nous plonger dans celui des esprits thaïlandais.

En Thaïlande, le phi prêt, damné famélique, est la forme la plus misérable de la réincarnation. Ils sont parfois sauvages et voraces, mais jouent en général le rôle de gardien des maisons, des temples, des villages. Ceux-ci sont impressionnants de par leur gigantisme. Plus loin une salle vous permet de visionner 15 minutes du Thaï Horror picture show.

Après j’avoue que je suis passée assez vite sur le reste de l’exposition qui présentait encore nombre de gardiens de lieux et de masques. A signaler une petite salle avec trois machines à jeux dont le célèbre Pac-Man.

Enfers et fantômes d’Asie, au musée du Quai Branly, jusqu’au 15 juillet 2018

7 commentaires sur “Enfers et fantômes d’Asie

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