Ceija Stojka – une artiste rom dans le siècle (Maison rouge)

Autodiacte autrichienne (1933 – 2013), Ceija Stojka entreprend un vaste travail de mémoire à l’âge de cinquante-trois ans, par le biais de l’écriture, du dessin et de la peinture. Ce sont cent cinquante oeuvres peintes ou dessinées de cette artiste rom déportée à l’âge de dix ans avec sa mère et ses frères et soeurs que la Maison rouge expose jusqu’au 20 mai 2018. Ceija Stojka survivra à trois camps de concentration (Auschwitz-Birkenau, Ravensbrück et Bergen-Belsen).

Décédée  en 2013, elle laisse une oeuvre de plus d’un millier de pièces : encres, gouaches et acryliques.

Aux scènes de bonheur, de vie en harmonie avec la nature succèdent des tableaux de la déportation souvent annotés de quelques phrases. Des textes de l’artiste jalonnent le parcours.

« Au fond il nous ont manqué après la Libération, les morts. C’étaient nos protecteurs et ils étaient des êtres humains. Des gens qu’on avait connus. Et on n’était pas seuls parce qu’il y avait tellement d’âmes qui virevoltaient tout autour.

Toujours, quand je reviens à Bergen-Belsen, c’est comme une fête ! Les morts volent dans un bruissement d’ailes ! Ils sortent, ils remuent, je les sens, ils chantent, et le ciel est rempli d’oiseaux. »

Je ne connaissais absolument pas cette artiste, ses tableaux sont à la fois beaux, colorés et terribles, bruissants d’émotions. Je regardais les autres visiteurs, silencieux, touchés tout comme je l’étais moi-même.  C’est vraiment une très belle exposition que je conseille de voir. J’en suis d’ailleurs ressortie avec le catalogue, ressentant un fort besoin de partager autour de moi. Et avec vous, ces images :

Le site de la Maison rouge (je vous rappelle que ce lieu de culture, que je regretterai infiniment tant j’ai aimé l’ambiance intime et riche des expositions et des évènements liés, fermera ses portes à la fin de l’année. C’est le moment d’y aller.) Vous y verrez également une autre belle exposition sur les Black Dolls)

16 commentaires sur “Ceija Stojka – une artiste rom dans le siècle (Maison rouge)

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      1. mais je suis certaine que tu en trouveras d’autres non loin de ton bois car il y en a partout 🙂
        il y en a même une par chez moi en ce moment avec des artistes qui ne sont autres que ces personnes avec lesquelles je travaille depuis plus de 25 ans 😉

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        1. Il n’y a vraiment pas grand chose du côté de mon bois (il faut aller à Rouen, c’est loin, ou Amiens, un peu loin aussi). Heureusement, il y a une artiste que j’adore, une belle personne, une amie nouvelle et pourtant chère à mon coeur, le genre de rencontre qui fait tilt tout de suite, et dont je suis tombée amoureuse de l’oeuvre (mon mari aussi), j’avais fait cet article : https://lebocalivre.wordpress.com/2016/08/31/la-villa-verveine-de-caroline-dahyot/

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          1. oui je me souvien! extra-ordinaire rencontre 😉
            pour ton coin de bois, cherche, fouine un peu, ça m’étonnerait pas fort que rien n’existe….au détour d’une médiathèque ou autre librairie, par ex 🙂

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            1. Le truc c’est que ça ne m’intéresse pas là-bas, il n’y a que le bois, c’est tellement… gigantesque ce que ça ouvre, et ça s’adresse à une autre partie de moi, et celle d’ici s’efface complètement. Mais comme tu dis, je n’y suis que trois jours sur sept.

              Aimé par 1 personne

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