Alors tu tomberas en silence

« …lorsqu’il me faudra affronter le noir cavalier : mon recours, le seul, sera de lui lancer aux yeux cette poignée d’amour fou sur quoi mes mains, toujours se sont refermées. Ce lent regard sur l’enfant, sur le ciel, sur le vide. » Christian Bobin – L’enchantement simple

Et toi qui es tu ? La chose qui fait tenir ma vie. Ce pacte. Une solitude que je n’arriverai jamais à résoudre. Une légèreté de la raison qui me donne l’insouciance qu’il faut pour m’envoler. Et la mer aux doux clapotis murmure l’Omega à l’Alpha.

Les jours sont beaux quand le regard se ferme doucement sous les caresses des mots. Ivresse toujours pour diluer l’encre noire. Que vois-tu ? Le temps liquide qui lisse les heures et érode les os. Insuffle la vie sans jamais défaillir. L’illusion est parfaite, et on y croit, on y croit… on y croit jusqu’au bout de l’écho.

Un pacte, disais-tu. L’essence même de l’être.

Où ? Ici même, dans ce petit concentré de mémoire encore vierge. Le monde a-t-il commencé ? Les oiseaux y croient, et cela me suffit. Moi, je. Ne suis. Rien. Et le tout est en moi.

Ce pacte avec l’amour.  Dur comme le roc, infaillible comme l’éternité. L’âme s’enchante et le coeur s’élance. Et ça ondule, et ça s’embulle, se virgule ponctue et s’hydrate aux sources jamais taries de l’absolu. Rappelle-toi d’O…. Qui ici, s’en souvient encore ?

Entre deux origines l’horizon tendu comme un fil vibre du rayonnement de l’univers. Tu tremblerais un peu comme au bord de la saillie d’un poème qu’une langue lactée de clarté n’en finit pas de déclamer. Et puis tu tomberais dans le silence.

8 commentaires sur “Alors tu tomberas en silence

Les commentaires sont fermés.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑