« A mon seul désir » Encyclopédie pratique des mauvais genres

Si un livre me plait, il sera toujours pour moi le plus beau des cadeaux. Cette année le Père Noël a encore exaucé mes souhaits.

Et parmi ces quelques trésors qui me furent offerts, l‘Encyclopédie pratique des mauvais genres. Je prends un peu un chemin détourné puisque « A mon seul désir » est le titre d’une exposition que je n’ai pas (encore) visitée, et que j’écris cet article en écoutant l’émission Mauvais Genres dont le sujet est justement l’exposition A mon seul désir : 20 ans de mauvais genres. Je ferai peut-être un article si je vais voir l’expo mais pour l’heure c’est du livre dont il est question ici. (si mes souvenirs sont bons A mon seul désir était aussi l’intitulé d’une très belle exposition d’Annette Messager, à la galerie Marian Goodman, à Paris)

J’ai connu ce livre par l’intermédiaire de l’émission Mauvais Genres que j’écoute de temps à autres. Par la curiosité attirée, j’avais feuilleté ce livre en librairie, et de coups de fil en aiguillages,  papa Noël fiston me l’a offert.
L’encyclopédie pratique des mauvais genres est décrit comme « un herbier de plantes toxiques, un cabinet de curiosités baroque. Un passage chez les vilains petits canards. Sans abdiquer, trembler ni reculer, ils font face :  « A mon seul désir », c’est le mot d’ordre des personnes qui se dévoilent dans le livre : voilà le mauvais genre. »

Il s’agit ici de vingt-six portraits magnifiquement illustrés par des photos sur beau papier, dont certaines pleine page.  Céline du Chéné a souhaité faire entendre des voix singulières et viscéralement poétiques.  « Si l’encyclopédie pratique des mauvais genres devait être un manifeste, j’aimerais qu’il incarne et défende la singularité et les chemins de liberté. »

La liste des vingt-six portraits d’artistes se déclinent par ordre alphabétique : A comme Animal, B comme Bander, C comme Clitoris, D comme Dame-pipi, E comme Envoûtement, F comme Fétiche…. I comme Irrévérence, J comme Jeux érotiques, etc… ou encore Limbes, Os, Phallique, Quête, Renaissance, Sang… Witch, X, jusqu’à Zoomorphe. Chaque lettre est un portrait souvent attachant d’une femme ou d’un homme qui vivent pleinement leur passion. Je découvre une sincérité face à la vie choisie, une sorte de pureté de coeur, une liberté non détournée comme condition à l’expression pleine des corps, des sensibilités exacerbées, des dépassements de soi. Un monde derrière le monde, ou peut-être juste à côté. Et peut-être oserais-je dire un monde qui me rassure. Parfois un peu sulfureux, déroutant, fascinant, follement captivant, ce livre se déguste goulûment. Un ouvrage passionnant pour toutes les portes qu’il ouvre et pour la force de l’art qu’il dégage.

Pour terminer, Marie L. donne sa définition de « mauvais genre » dans le portrait touchant (illustré par une superbe photo) qui lui est consacré dans le chapitre Q comme Quête : « J’aime cette expression « mauvais genre ». Elle symbolise pour moi la singularité : ne pas être conforme, ne pas se contenter de passer devant le miroir, d’en être le reflet, mais bien au contraire le traverser. Quitte à s’écorcher, se blesser ou s’abîmer. »

Je conçois que ce livre n’est peut-être pas à mettre entre toutes les mains, il ne comporte pas d’agressivité envers autrui mais il violente la « normalité ».

*

L’émission Mauvais Genres est sur France Culture, créée il y a vingt ans, tous les samedis soir elle vous parle de fantastique, d’horreur, d’érotisme, de polar, de bande dessinée, de cinéma. Les émissions sont réécoutables à loisir, pour la période allant de 2006 à nos jours, fouillez dans les sujets proposés, laissez-vous tenter ne serait-ce que par l’émission anniversaire.

Exposition 20 ans de mauvais genres à la galerie Agnès B, jusqu’au 10 janvier 2018

Et pour compléter cet article, je vous propose de me suivre au Finissage de l’exposition 20 ans de Mauvais genres.

 

6 commentaires sur “« A mon seul désir » Encyclopédie pratique des mauvais genres

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  1. Je découvre le livre comme l’émission: tout est tentant. Le père Noël n’a pas mauvais goût! Je ne sais d’où vient « A mon seul désir » mais la plus ancienne référence qui me vienne à l’esprit est la dernière tapisserie de La Dame à la licorne.

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    1. Voilà qui est fort intéressant, merci de le signaler. J’ai vu ces tapisseries il y a longtemps au musée de Cluny et j’avais oublié cette inscription. Je ne suis toutefois pas étonnée que vous la connaissiez, cette dame à la licorne va fort bien avec votre monde poétique..

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