Salade folle sauce à l’art pour fin d’année

Un retour sur l’art au menu de cette fin d’année, ça vous dit ?

En entrée, je vous propose une petite exposition à la maison de Victor Hugo, qui décidément aime bien terminer l’année sur mes blogs. Rappelez-vous, le 25 décembre 2015, je vous offrais Eros Hugo. Et le 22 décembre 2016,  La pente de la rêverie, un poème de l’écrivain, sur lequel avaient travaillé des élèves de différentes écoles. J’avais beaucoup apprécié ces deux expositions. La folie en tête, est moins colorée, moins festive, mais présente l’intérêt de nous faire remonter aux racines de l’art brut. 

Le point de départ c’est la folie, maladie dont souffraient Eugène, le frère, et Adèle, la fille de Victor Hugo, ils seront tous deux internés jusqu’à leur mort. Partant du « geste symbolique de Philippe Pinel qui, en pleine Révolution française, enlève leurs chaînes aux aliénés, » ce qui « instaure, face à la seule logique d’enfermement, la volonté de soigner ». Un autre regard se pose sur la folie. Il s’agit de comprendre mieux la maladie en donnant la possibilité aux malades de s’exprimer. Les psychiatres ont souvent conservé les productions de leurs malades, constituant ainsi des collections. Cette exposition propose de survoler celles de quatre médecins psychiatres, en Ecosse, France, Suisse et Allemagne, d’une période allant des années romantiques à la Seconde Guerre mondiale. Ci-dessous (image à agrandir),  vous trouverez une petite sélection très subjective d’oeuvres de l’exposition. Je reste ébahie par le livre de cuisine recouvert d’une écriture soignée si dense qu’elle laisse peu de place à la respiration, et ce sur 64 pages. Le dernier dessin est de Adolf Wölfli, qu’on retrouve très souvent dans les expositions d’art brut. Il était interné à l’hôpital psychiatrique de la Waldau (Suisse) qui a également hébergé Robert Walser, dont je conseille la lecture des écrits.

Je ne quitte jamais cette maison-musée sans monter dans les appartements du grand homme pour y dérober quelques bribes de sa vie. Je retiendrai cette fois, les copeaux des « Travailleurs de la mer ». Par « copeaux », Hugo désignait ses notes et idées jetées sur le papier. Il les rayait après les avoir intégrées à ses manuscrits.

Plat principal, on change d’époque, je vous emmène faire un tour au Palais de Tokyo pour une exposition qui se termine bientôt (07 janvier). C’était nuit de vernissage (22h moment idéal, juste ce qu’il faut de monde pour faire vibrer les oeuvres) pour Days are Dogs, une carte blanche confiée à Camille Henrot qui propose de s’interroger (art contemporain oblige) sur les rapports d’autorité, les fictions et les définitions qui régissent notre existence. Me suis-je interrogée ? Je me suis surtout laissée aller à chercher la petite note sensible dans les divers parcours proposés et observer les postures des visiteurs. L’art contemporain trouve souvent son utilité dans l’expression des gens autour. Ouvrez l’album pour un survole de l’exposition.

 

« Il y a dans la nature un certain nombre d’heures de lumière indécise, aurores, crépuscules, éclairages artificiels des appartements, où les objets prennent un aspect délicieusement surnaturel et fantomatique. C’est l’heure du pastelliste. » Hugues Le Roux, « la vie à Paris » – 1888

En guise de dessert, un tour au Petit Palais s’impose, il nous fait entrer dans la douceur du monde du pastel, de Degas à Redon (ce cher Odilon). Une technique dont j’ignore à peu près tout (sinon que j’ai hérité de mon père une vieille boite de pastels), mais qui suscite pour le coup l’envie d’essayer un jour… séduite surtout par la technique vaporeuse du sfumato qui enveloppe les sujets d’une sorte de brume leur donnant un aspect irréel, comme pour le triptyque Beethoven ou les grands nus.

Si une de ces expositions vous tentent, vous trouverez des informations en cliquant sur le titre concerné. La folie en tête est à voir jusqu’au 18 mars, Days are dogs jusqu’au 07 janvier et  L’art du pastel jusqu’au 08 avril 2018.

(Une question pour terminer : pour l’entrée et le dessert, j’ai choisi de présenter les images en planches agrandissables, j’aimerais savoir si vous préférez cette vision ou celle des albums, merci de me le faire savoir en commentaire)

 

11 commentaires sur “Salade folle sauce à l’art pour fin d’année

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      1. Il y a de quoi. J’ai visité de nombreuses expositions d’art brut (j’ai même embarqué mon mari dans un aller-retour jusqu’au musée d’art brut de Lausanne). La dernière en date et très marquante dont j’avais parlé sur le « bocal », c’était Inextricabilia à la maison rouge, la commissaire d’exposition (ancienne directrice de la collection d’art brut de Lausanne), une passionnée, avait parfaitement mis le doigt sur la profonde sensibilité qui émane de cet art.

        Aimé par 1 personne

  1. On oublie souvent le pastel… on pense plutôt huile quand il est question de peintures anciennes… du moins, moi… mais quelle belle matière… si tu t’essaies, il me semble que tu aimeras…
    Et puis sur la folie… un jour, et je me permets de rêver, on nommera les vrais fous par leurs noms… on dira, par exemple, « pauvre homme, il souffre de trumpianose »… En ce temps-là, nombre de ceux qu’encore aujourd’hui on juge fous seront vus pour ce qu’ils sont. On facilitera alors le déploiement de leur supra sensibilité pour qu’en soit inspiré le monde… »
    Merci ‘vy.

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    1. « trumpianose »… hautement dangereux, ça. Ceux qu’on nomment « fous » et qui sont internés ont tous des histoires différentes, mais quelle volonté quand ils se mettent à créer, quelle ténacité, comme cet homme (un exemple parmi tant d’autres) qui tissa un manteau magnifique, « manteau de présentation » devant la mort fait avec des serpillères patiemment nettoyées et détissées. Cet art qui est une nécessité et n’a rien à voir avec aucun marché (même si aujourd’hui le marché de l’art s’en empare), c’est de la vérité humaine.

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